Article · Blog

Céder son fonds de commerce : étapes et formalités 2026

Céder son fonds de commerce : étapes et formalités 2026

Promesse, acte de cession, publicité légale, fiscalité — guide complet pour vendre votre fonds

La cession de fonds de commerce est l’une des opérations les plus réglementées du droit des affaires. Elle concerne la vente de l’ensemble des éléments corporels et incorporels (clientèle, enseigne, matériel, contrats) permettant l’exploitation d’une activité commerciale. En France, environ 35 000 à 40 000 fonds de commerce sont cédés chaque année. Le prix moyen d’un fonds de commerce varie considérablement : d’30 000 € pour un petit commerce local à plusieurs millions pour une franchise ou un restaurant parisien.

Qu’est-ce que le fonds de commerce ?

Le fonds de commerce est une universalité de fait regroupant :

  • Éléments incorporels : clientèle (principal élément), droit au bail commercial, enseigne, nom commercial, brevets, licences, marques, autorisations administratives
  • Éléments corporels : matériel, mobilier, outillage, marchandises (ces derniers sont souvent exclus de la cession principale et valorisés séparément)

Attention : les dettes et créances ne font pas partie du fonds de commerce et restent en principe attachées au vendeur (sauf clause contraire).

Les étapes clés de la cession

1. Valorisation du fonds

Plusieurs méthodes coexistent. Les plus utilisées :

  • Multiple du chiffre d’affaires annuel : entre 0,3 et 1,5 fois selon le secteur (1 à 1,5 pour les restaurants bien placés, 0,3 à 0,6 pour le commerce de détail classique)
  • Multiple de l’EBE (excédent brut d’exploitation) : entre 3 et 7 fois selon l’attractivité et la stabilité du fonds
  • Valeur du droit au bail : crucial pour les commerces bien situés (axes passants, galeries marchandes)

2. La promesse synallagmatique de cession

Avant l’acte définitif, une promesse de cession (compromis) fixe le prix, les conditions suspensives (obtention d’un financement, purge du droit de préemption municipal) et le calendrier. Elle est généralement accompagnée d’un dépôt de garantie de 10 % du prix de cession.

3. Information des salariés (loi Hamon)

Pour les entreprises de moins de 250 salariés, la loi du 31 juillet 2014 (loi Hamon) impose d’informer les salariés de la cession du fonds 2 mois avant la signature de l’acte définitif. L’omission de cette formalité n’entraîne pas la nullité de la cession mais expose à une amende civile.

4. Le droit de préemption des communes

Dans les zones de sauvegarde du commerce et de l’artisanat (ZCSA) délimitées par arrêté municipal, la commune bénéficie d’un droit de préemption : elle peut se substituer à l’acheteur au prix convenu. Le vendeur doit notifier la mairie par DIA (Déclaration d’Intention d’Aliéner) au moins 2 mois avant la cession. Passent ce délai sans réponse, le droit de préemption est réputé levé.

5. L’acte de cession définitif

L’acte de cession de fonds de commerce peut être rédigé par un avocat, un notaire ou un expert-comptable. Il doit obligatoirement mentionner (art. L141-1 du Code de commerce) :

  • Le prix de vente ventilé (incorporels / matériel / marchandises)
  • Le chiffre d’affaires des 3 derniers exercices
  • Les résultats d’exploitation des 3 derniers exercices
  • Le bail commercial (date, durée, loyer)
  • L’origine de propriété (comment le vendeur a acquis le fonds)
  • Les privilèges et nûances grevant le fonds
Précaution – garantie du passif : L’acheteur bénéficie d’un droit de rétention du prix pendant 5 mois (séquestre) pour se protéger des créanciers du vendeur qui pourraient former opposition. Pendant ce délai, le prix est consigné chez un séquestres agréé ou un notaire.

6. Publications et formalités post-cession

  • Publication dans un JAL dans les 15 jours suivant la cession
  • Publication au BODACC (Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales) par le greffe
  • Déclaration de mutation à la recette des impôts dans les 30 jours (formulaire 2672)
  • Mise à jour du RCS (radiation de l’ancien exploitant, immatriculation du cessionnaire)

Fiscalité de la cession — côté vendeur

CasImpositionTaux
Plus-value court terme (détenu < 2 ans)IS ou IR selon régimeTaux marginal
Plus-value long terme (détenu > 2 ans)IS taux réduit ou IR PFU15 % IS / 30 % PFU IR
Exonération PME (art. 238 quindecies CGI)Exonéré si prix < 300 000 €0 % (total)
Exonération partielleSi prix entre 300 000 et 500 000 €Dégressive
Départ en retraite (art. 151 septies A)Exonération si détenteur > 5 ans, retraite dans 2 ans0 % sous conditions

Droits d’enregistrement — côté acheteur

L’acheteur supporte des droits d’enregistrement calculés sur le prix de cession du fonds hors marchandises :

  • 0 % jusqu’à 23 000 €
  • 3 % de 23 001 à 200 000 €
  • 5 % au-delà de 200 000 €

Pour un fonds cédé 200 000 € : (200 000 − 23 000) x 3 % = 5 310 € de droits. Ces frais sont généralement à la charge de l’acheteur.

Cession de fonds de commerce : sécurisez votre opération

Valorisation, rédaction d’acte, formalités fiscales — nos experts accompagnent vendeur et acheteur.

Prendre rendez-vous

Articles connexes

Questions fréquentes — cession de fonds de commerce

Peut-on céder un fonds de commerce sans le droit au bail ?

Techniquement oui, mais c’est rare et dévalorisant. Le droit au bail représente souvent 20 à 50 % de la valeur du fonds pour les commerces bien situés. Sans bail transmissible, l’acheteur n’a aucune garantie de pouvoir exploiter dans les mêmes locaux.

Les contrats de travail sont-ils automatiquement transmis lors de la cession ?

Oui, en application de l’article L1224-1 du Code du travail. Tous les contrats de travail en cours au moment de la cession sont automatiquement transférés au cessionnaire, avec les mêmes conditions (ancienneté, rémunération, avantages acquis). L’acheteur ne peut pas les refuser.

Qu’est-ce que le séquestre du prix de cession ?

Le séquestre est un mécanisme de protection de l’acheteur. Le prix est déposé chez un tiers (notaire, avocat agréé) pendant 5 mois. Les créanciers du vendeur (fournisseurs, URSSAF, fisc) peuvent former opposition pour réclamer leur dû sur le prix. À l’expiration du délai sans opposition, le solde est versé au vendeur.

Comment valoriser un fonds de commerce sans expert ?

La méthode simple : multipliez le CA annuel moyen des 3 dernières années par un coefficient sectoriel (0,3 à 1,5 selon le secteur). Ajoutez la valeur du droit au bail (loyer annuel x durée restante ou valeur de marché) et déduisez les investissements nécessaires à venir. Cette estimation reste approximative ; une expertise indépendante est recommandée pour les fonds de plus de 100 000 €.

La TVA s’applique-t-elle à la cession d’un fonds de commerce ?

Non. La cession d’un fonds de commerce à titre onéreux est exonérée de TVA en application de l’article 257 bis du CGI, sous réserve que le cessionnaire soit lui-même assujetti à la TVA. La TVA s’applique en revanche sur la cession des marchandises stockées (lorsqu’elles sont vendues séparément).

Vous êtes dans ce secteur ? Découvrez notre accompagnement dédié : Tech & Digital — créer son entreprise avec MS Connect.