IS ou IR pour sa société : quel régime fiscal choisir en 2026 ?
IS ou IR pour sa société : quel régime fiscal choisir en 2026 ?
Le choix entre l'Impôt sur les Sociétés (IS) et l'Impôt sur le Revenu (IR) est l'une des décisions fiscales les plus importantes lors de la création d'une société. Ce choix conditionne le montant de l'imposition, la stratégie de rémunération du dirigeant et la capacité d'autofinancement de l'entreprise. En 2026, les taux et plafonds ont évolué : ce guide vous donne tous les éléments pour faire le bon choix selon votre situation.
IS et IR : les mécanismes fondamentaux
L'Impôt sur les Sociétés (IS) : fonctionnement
L'IS est l'impôt de droit commun pour les sociétés de capitaux (SAS, SASU, SA) et optionnel pour les SARL, EURL et SNC. Il est calculé sur le bénéfice fiscal de la société après déduction de toutes les charges déductibles :
- Taux réduit IS : 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfices (2026) — conditions : CA < 10 M€, capital libéré et détenu à 75 % min. par des personnes physiques
- Taux normal IS : 25 % au-delà de 42 500 €
- Acomptes trimestriels : IS payé en 4 acomptes (15/03, 15/06, 15/09, 15/12)
- Régularisation : solde lors du dépôt de la liasse fiscale (3 mois après la clôture)
En IS, les bénéfices non distribués restent dans la société. Ils ne sont imposés chez les associés que lors de la distribution de dividendes.
L'Impôt sur le Revenu (IR) : fonctionnement
En régime IR, les bénéfices de la société sont directement imposés chez les associés, proportionnellement à leur quote-part dans le capital, qu'ils soient distribués ou non. Les bénéfices entrent dans la catégorie :
- BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) pour les activités commerciales, industrielles, artisanales
- BNC (Bénéfices Non Commerciaux) pour les professions libérales
- BA (Bénéfices Agricoles) pour les activités agricoles
Ces bénéfices s'ajoutent aux autres revenus du foyer fiscal et sont imposés au barème progressif de l'IR (11 %, 30 %, 41 %, 45 % selon les tranches 2026).
Tableau comparatif IS vs IR
✓ Taux réduit 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfices
✓ Bénéfices non distribués restent dans la société (non imposés immédiatement)
✓ Stratégie salaire + dividendes optimisable
✓ Pas d'impact sur l'IR personnel si pas de distribution
IR — Avantages :
✓ Déficits imputables sur le revenu global du foyer fiscal
✓ Pas de double imposition sur les bénéfices distribués
✓ Simplicité pour les petites structures en début d'activité
✓ Abattement de 50 % (BIC simplifié) ou de 34 % (micro-BNC)
Simulations chiffrées : IS vs IR selon le niveau de bénéfice
Cas 1 — Bénéfice annuel de 40 000 €, dirigeant célibataire sans enfant
Régime IS :
- IS = 40 000 × 15 % = 6 000 €
- Reste dans la société : 34 000 € (non imposé si non distribué)
- Si distribution en dividendes : PFU 30 % = 10 200 € → revenu net reçu : 23 800 €
- Charge fiscale totale (IS + PFU) : 16 200 €
Régime IR (célibataire, pas d'autres revenus) :
- 40 000 € en BIC = base imposable après abattement forfaitaire ou charges réelles
- Hypothèse charges 30 % : bénéfice net 28 000 € → IR = ~4 500 € (TMI 30 %)
- Cotisations sociales TNS : ~12 600 €
- Charge totale : ~17 100 €
→ À 40 000 € de bénéfice, IS et IR sont globalement comparables.
Cas 2 — Bénéfice annuel de 100 000 €, dirigeant marié 2 enfants
Régime IS :
- IS = (42 500 × 15 %) + (57 500 × 25 %) = 6 375 + 14 375 = 20 750 €
- Salaire versé 36 000 € net : coût total ~65 000 € (charges comprises)
- Bénéfice avant IS : 35 000 € → IS = 5 250 €
- Dividendes 29 750 € → PFU 30 % = 8 925 €
- Revenu net dirigeant : 36 000 + 20 825 = 56 825 € — charge totale ~43 175 €
Régime IR (même situation) :
- 100 000 € BIC → quotient familial 3 parts → IR ≈ 18 500 €
- Cotisations sociales TNS sur 100 000 € : ~45 000 €
- Charge totale : ~63 500 € — revenu net : ~36 500 €
→ À 100 000 € de bénéfice, l'IS est nettement plus avantageux : +20 000 € de revenu net.
L'option IR pour les sociétés : conditions et durée
Qui peut opter pour l'IR ?
L'article 239 bis AB du CGI permet aux SARL, SAS, SA et EURL de moins de 5 ans d'opter pour l'IR. Conditions cumulatives :
- Société créée depuis moins de 5 ans à la date de l'option
- Moins de 50 salariés
- CA annuel ou total de bilan inférieur à 10 millions d'euros
- Capital détenu à 50 % minimum par des personnes physiques
- Capital détenu à 34 % minimum par le dirigeant (gérant ou président)
- Exercice d'une activité industrielle, commerciale, artisanale, libérale ou agricole (pas de holding pure)
La durée de l'option IR : 5 exercices maximum
L'option IR est limitée à 5 exercices consécutifs. Au terme de cette période, la société bascule automatiquement à l'IS. L'option peut être abandonnée avant les 5 ans mais le retour à l'IS est alors définitif (pas de nouvelle option IR possible).
Quand l'option IR est-elle avantageuse ?
L'option IR est particulièrement intéressante dans trois situations :
- Déficits en début d'activité : les déficits s'imputent sur le revenu global du foyer (économie d'IR personnelle immédiate)
- Faibles bénéfices + TMI basse : si le foyer fiscal est peu imposé (TMI 0 % ou 11 %), l'IR peut être moins chargé que l'IS
- Transmission familiale : dans une SARL de famille à l'IR, la transmission des parts génère moins de frottement fiscal
EURL et SARL de famille : les cas particuliers
L'EURL à l'IR : le régime naturel
L'EURL (SARL à associé unique personne physique) est soumise par défaut à l'IR comme une entreprise individuelle. Le gérant est imposé sur les bénéfices de l'EURL directement dans sa déclaration de revenus. L'option IS est possible et souvent préférable dès que les bénéfices dépassent 40 000–50 000 €.
La SARL de famille à l'IR
La SARL de famille (tous les associés sont membres de la même famille au sens large : ascendants, descendants, conjoints, frères et sœurs) peut opter pour l'IR sans limitation de durée (contrairement à l'option 5 ans des SARL classiques). C'est le seul cas où l'option IR est permanente pour une SARL.
Points d'attention et erreurs fréquentes
L'erreur du dirigeant qui ne se verse pas de salaire en IS
En IS, si le dirigeant ne se verse aucun salaire, l'intégralité du bénéfice est imposé à l'IS (15–25 %), puis les dividendes au PFU (30 %). Le résultat net reçu est souvent inférieur à celui d'une stratégie salaire optimisé + dividendes. L'absence de salaire est rarement optimale en IS.
Ne pas confondre IS et cotisations sociales
L'IS n'est pas un substitut aux cotisations sociales. En IS, les cotisations sociales sont dues sur le salaire du dirigeant (assimilé-salarié en SASU/SAS) ou sur la rémunération nette du gérant (TNS en SARL/EURL). L'IS s'applique sur le bénéfice APRÈS déduction de ces rémunérations.
Questions fréquentes — IS ou IR pour sa société
Quelle est la différence entre IS et IR pour une société ?
L'IS est payé par la société sur ses bénéfices (15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %). L'IR impose les bénéfices directement chez l'associé dans sa déclaration personnelle, même s'ils ne sont pas distribués. En IS, les bénéfices non distribués restent dans la société ; en IR, ils sont toujours imposés chez l'associé.
Quelles sociétés peuvent opter pour l'IR ?
EURL (par défaut), SARL de famille (sans limite de durée), et SARL/SAS de moins de 5 ans avec moins de 50 salariés, CA < 10 M€, capital détenu à 50 % min. par des personnes physiques dont 34 % par le dirigeant. L'option est limitée à 5 exercices pour les sociétés hors EURL et SARL de famille.
Quand l'IS est-il plus avantageux que l'IR ?
L'IS est avantageux quand le dirigeant est en tranche à 30 % ou plus d'IR, quand les bénéfices ne sont pas tous distribués, et quand la stratégie salaire + dividendes est optimisée. À partir de 80 000–100 000 € de bénéfice, l'IS est quasi systématiquement plus favorable.
Peut-on passer de l'IR à l'IS en cours d'activité ?
Oui, sur option irrévocable à tout moment. Le passage IS → IR est limité aux sociétés éligibles (moins de 5 ans, conditions de taille) pour 5 exercices maximum. Un retour à l'IS après option IR est possible mais met fin définitivement à l'option.
L'option IR est-elle intéressante pour une société en déficit ?
Oui, c'est l'un des principaux avantages : les déficits s'imputent directement sur le revenu global du foyer fiscal, réduisant l'IR personnel. En IS, les déficits restent dans la société et sont reportés sur les bénéfices futurs sans impact immédiat sur l'imposition personnelle.
MS Connect vous accompagne dans le choix IS/IR adapté à votre projet. Créer une SASU · Créer une SAS · Simuler avec un conseiller
Vous êtes dans ce secteur ? Découvrez notre accompagnement dédié : Freelance & Conseil — créer son entreprise avec MS Connect.