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L’apport en nature lors de la création d’une société

L'apport en nature lors de la création d'une société

Lors de la création d'une société, les associés peuvent apporter autre chose que de l'argent : un bien matériel, un fonds de commerce, des droits de propriété intellectuelle. C'est ce qu'on appelle l'apport en nature. Guide complet 2026.

Qu'est-ce que l'apport en nature et quels biens sont éligibles ?

L'apport en nature est le transfert à une société, lors de sa constitution ou d'une augmentation de capital ultérieure, d'un bien autre qu'une somme d'argent (apport en numéraire) ou d'une prestation de travail (apport en industrie). En contrepartie, l'apporteur reçoit des actions ou des parts sociales d'une valeur équivalente à celle du bien apporté.

Les biens susceptibles d'être apportés en nature sont extrêmement variés. Les biens corporels comprennent les équipements et matériels professionnels (machines, véhicules, matériel informatique), les marchandises et stocks, les immeubles et terrains, et les véhicules. Les biens incorporels sont tout aussi courants : fonds de commerce, clientèle, brevet, marque, logiciel, nom de domaine, droit au bail, portefeuille de contrats.

L'apport d'un immeuble présente des particularités : il doit en principe être réalisé devant notaire (acte authentique) et génère des droits d'enregistrement ou une TVA selon la nature du bien. L'apport d'un fonds de commerce entraîne les formalités habituelles de cession de fonds (publication au BODACC, droit d'opposition des créanciers) même lorsqu'il est réalisé à titre d'apport en nature.

L'évaluation des apports en nature et le rôle du commissaire aux apports

L'évaluation correcte des apports en nature est une étape cruciale pour plusieurs raisons. D'abord, la valorisation des apports détermine la répartition des droits sociaux entre les associés : une surévaluation d'un apport en nature au détriment des apports en numéraire crée un déséquilibre injuste. Ensuite, une surévaluation peut constituer un abus au préjudice des créanciers futurs de la société, qui croiraient à tort que le capital social représente une valeur effective supérieure à la réalité.

Pour protéger les associés et les tiers, la loi impose en principe l'intervention d'un commissaire aux apports pour évaluer les apports en nature lors de la création d'une SARL ou d'une SAS. Le commissaire aux apports est un professionnel indépendant (expert-comptable ou commissaire aux comptes inscrit à la CNCC) désigné par les associés ou par décision de justice.

Des dérogations existent : dans les SARL et SAS, les associés peuvent décider à l'unanimité de ne pas recourir à un commissaire aux apports si la valeur d'aucun apport en nature n'excède 30 000 € et si la valeur totale des apports en nature ne dépasse pas la moitié du capital social. Cette dérogation, pratique pour les petites structures, implique cependant que les associés assument solidairement la responsabilité de la valorisation retenue.

Les conséquences fiscales des apports en nature

L'apport en nature à une société peut déclencher des conséquences fiscales significatives pour l'apporteur, selon la nature du bien apporté et le régime fiscal applicable. L'apport d'un bien immobilier est en principe exonéré de droits d'enregistrement lorsqu'il est réalisé lors de la constitution d'une société soumise à l'IS, sous réserve d'un engagement de conservation des titres reçus pendant 3 ans.

L'apport d'un fonds de commerce ou d'une clientèle est soumis à des droits d'enregistrement calculés sur la valeur du fonds. Cependant, en cas d'apport partiel d'actif ou de fusion-absorption, des régimes de faveur (article 210 A et B du CGI) permettent de neutraliser fiscalement ces opérations sous certaines conditions.

Du côté de l'apporteur, l'apport d'un bien figurant à l'actif d'une entreprise individuelle ou d'une société est traité comme une cession et peut générer une plus-value taxable. Des dispositifs de report ou d'exonération existent, notamment lors d'un apport en société suivi immédiatement d'une cession des titres reçus en échange.

Procédure pratique pour un apport en nature

La procédure d'apport en nature comporte plusieurs étapes. Premièrement, désignation du commissaire aux apports (ou décision motivée de s'en dispenser). Deuxièmement, rédaction d'un rapport d'évaluation par le commissaire aux apports. Troisièmement, mention de l'apport dans les statuts avec description précise du bien, sa valeur retenue, et le nombre de parts ou actions attribuées en contrepartie.

Pour les biens corporels, un inventaire détaillé (marque, modèle, numéro de série, état, valeur nette comptable et valeur vénale) doit être établi. Pour les biens incorporels (marque, brevet), une copie du titre de propriété intellectuelle doit être jointe aux statuts. L'acte d'apport est soumis à des formalités d'enregistrement auprès des impôts selon la nature du bien.

✏️ Apport en nature : points clés

Commissaire aux apports obligatoire (sauf dérogation sous 30 000 €) · Évaluation au prix de marché, pas à la valeur comptable · Apport immobilier = acte notarié · Apport fonds de commerce = droits d'enregistrement · Plus-value potentielle pour l'apporteur personne physique

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